CHÂTELET, BEAUBOURG, HÔTEL DE VILLE... AU CŒUR DES RÉVOLUTIONS

Mercredi 29 mars 2017, par Webmestre // ► CHÂTELET - HÔTEL DE VILLE - BEAUBOURG

Vous trouverez ci-contre, en fichier Word, un itinéraire imprimable de cette balade avec plan


Le grand Châtelet ►

Nous partirons de la place du Châtelet

Elle tient son nom d’un ouvrage défensif construit sous Louis VI le gros vers 1130 : le Grand châtelet ; bastide qui protégeait une des principales entrées de Paris et le Grand pont — qui deviendra le Pont aux Changeurs puis notre Pont au Change — reliant la rive droite à l’île de la Cité. Cette construction perdit sous Philippe Auguste, avec l’élargissement de la ville, son rôle militaire. Elle devint le siège de la prévôté de Paris, servant en même temps de prison, de lieu de torture et de morgue.

Le Pont au Change. Démolition des maisons qu’il portait ►
Passerelle qui le remplaçait après l’incendie de 1621

On y enferma des hôtes célèbres : comme François Villon, Clément Marot ou le fameux Cartouche qui parvint à s’en évader. Des partisans des Armagnacs y furent massacrés le 12 juin 1418 par ceux des Bourguignons de Jean Sans Peur, menés par le bourreau Capeluche. On y venait aussi reconnaître — les "morguer" — les cadavres des noyés repêchés dans la Seine ou ramassés la nuit dans les rues. Le 2 septembre 1792, 160 des 200 prisonniers qui s’y trouvaient furent massacrés, comme dans plusieurs geôles parisiennes.

François VILLON ►

Clément MAROT ►

Louis Dominique GARTHAUSZIEN, dit CARTOUCHE ►

Massacres de septembre au Grand Châtelet ►

C’était, au moyen âge, un des trois seuls lieux à Paris éclairés la nuit par une lanterne en bois garnie de vessies de porc.

Le Châtelet sera détruit en 1808 pour aménager la place actuelle et y ériger un des nombreux monuments à la gloire de l’impérialisme napoléonien : la fontaine du Palmier. On peut voir un plan de l’ancien édifice sur la façade de l’actuelle chambre des notaires qui se trouve sur son emplacement.

La place du Châtelet et sa fontaine du Palmier, aujourd’hui ►
et hier

L’histoire et les pérégrinations de la municipalité de Paris font l’objet de nombreuses controverses. On confond souvent la "Maison de la marchandise", où se tenait l’assemblée administrative des bourgeois parisiens, et le "Parlouer aux bourgeois" qui était une instance à caractère juridique. Or, ces deux institutions furent longtemps séparées, politiquement et géographiquement. Lorsqu’on parle de la "municipalité" de Paris, il faut donc bien les distinguer, ce qui n’est pas toujours fait par les historiens, embrouillant ainsi sérieusement les pistes.

Plan des alentours du Grand Châtelet au XVIIème siècle ►
et au XVIème

Il semble que la première municipalité, qui se confondait alors avec la confrérie des nautes, se soit tenue sur l’île de la Cité, aux abords de ce qui était le port antique de Lutèce puis de Paris, le port Saint Landry, à l’actuel débouché du pont d’Arcole, entre le quai aux Fleurs et le quai de la Corse. Certains situent son siège à l’emplacement de l’Hôtel des Ursins. Elle se serait ensuite déplacée de l’autre côté de l’île, au marché Neuf, près du Petit pont, dans un bâtiment qui a subsisté jusqu’au milieu du 18ème siècle sous le nom d’Hôtel de Ville du roi Pépin.

La Vallée de misère ►

C’est dans la "vallée de misère", à hauteur du 20 quai de la Megisserie, qu’aurait déménagé quelques siècles plus tard la "Maison de la marchandise". Et c’est seulement vers le début du 14ème siècle qu’elle se serait installée rue St Leufroy, entre l’église du même nom et le Grand Châtelet, au déboucher du Pont au Change, précisément à l’endroit où nous nous trouvons. Elle était dominée par la hanse des marchands de l’eau, corporation prépondérante qui contrôlait le trafic fluvial sur le cours de la Seine entre Mantes et Corbeil. La ville en a d’ailleurs tiré son blason et sa devise : "Fluctuat nec mergitur".

Le blason de Paris ►
Fluctuat nec mergitur

En 1258, Louis IX avait mis la ville sous sa propre autorité et nommé un prévôt royal : Étienne Boileau. Ce dernier instaura en 1261 le Livre des métiers, réglementant le statut des corporations. Les bourgeois de la cité élurent de leur côté, en 1263, un prévôt des marchands, Evrard de Valenciennes, assisté de quatre échevins. Ce double pouvoir fut au cours des siècles l’origine de nombreuses querelles…

En 1357, Étienne Marcel installe la municipalité dans la Maison aux piliers, sur la place de Grève. Nous en reparlerons plus loin puisque ce sera l’aboutissement de notre promenade.

Le Parlouer aux bourgeois, quant à lui, suivit un autre parcours. Il siégeait, de longue date semble-t-il, dans un bâtiment situé à l’emplacement de l’actuel numéro 20 de la rue Soufflot, sur l’entrée de notre rue Victor Cousin, à cheval sur l’enceinte de Philippe Auguste. Le bâtiment sera récupéré par les Jacobins qui en feront le réfectoire de leur couvent. Car le Parloir vient s’installer vers 1357 là où nous nous trouvons, dans l’ancienne Maison de la marchandise de la rue St Leufroy libérée par la municipalité ; ce qui entretient sans doute la confusion entre les deux institutions. De fait, il sera réuni à la municipalité un siècle plus tard dans la nouvelle Maison commune de la place de Grève.

L’actuelle place faisait alors partie de ce que l’on appelait l’Apport Paris, c’est-à-dire le principal port de la capitale. On y débarquait en particulier les animaux destinés à la Grande boucherie. Celle-ci était située juste derrière le Grand Châtelet. Elle fut démantelée le 13 mai 1416 après la révolte des Cabochiens (du surnom de Simon le Coustelier, dit Caboche, un des meneurs de la corporation et de l’émeute).

L’Apport Paris ►
Le Châtelet et la Grande boucherie

C’est rue Jean St Denis — disparue comme tout le quartier —, dans la pension de Mme Pinon à l’image St Joseph, que Gilles du Hamel d’Hatréaumont, dit Latréaumont, descendit le 13 juin 1674 pour préparer un coup d’État contre Louis XIV, avec la complicité du hollandais Affinius Van den Enden et du Chevalier de Rohan. Ils projetaient d’instaurer, aidés militairement par les Pays Bas, une république, d’abord en Normandie puis dans toute la France. Le projet était pas mal avancé quand il fut découvert par hasard. Tous les protagonistes en furent exécutés. Le manuscrit du projet de République rédigé par Van den Enden fut caché non loin de là, chez le père de Guillaume du Chesne, protagoniste du complot.

Le 5 juin 1832, lors de l’insurrection déclenchée à l’occasion des obsèques du général Lamarque, le poste de police de la place du Châtelet fut investi par les insurgés.

Jean Maximilien LAMARQUE, général ►

Une autre insurrection, organisée par la Société des Saisons dirigée par Barbès, Blanqui, Martin Bernard et Laponneraye, s’y déroula le 12 mai 1839. Ce fut un échec qui aboutit à la condamnation de ses meneurs.

Armand BARBÈS ►

Louis-Auguste BLANQUI ►

Martin BERNARD ►

Albert LAPONNERAYE ►

1 : Théâtre du Châtelet
Un meeting d’Émile Ollivier qui s’y tient le 12 mai 1869 est troublé par des milliers de manifestants ; signe annonciateur du rejet croissant de la dictature de Napoléon III malgré les manœuvres démagogiques de sa fin de règne.

Émile OLLIVIER ►

Les francs-maçons favorables à la Commune s’y réunissent le 24 avril 1871, puis le 26, après la tentative de médiation manquée, le 22, avec Versailles. Le boucher Adolphe Thiers, qui veut la peau des Insurgés parisiens, a refusé tout compromis. Les délibérations débouchent sur un appel majoritaire à soutenir la Commune.
Pendant la Semaine sanglante, une cour prévôtale va s’y tenir dès le 23 mai, dirigée par le sanguinaire colonel Vabre. Elle prononce des milliers de condamnations sommaires à la peine de mort. Les condamnés sont emmenés à la caserne Lobau, derrière l’Hôtel de Ville, où ils sont immédiatement exécutés par groupes de dix à vingt.

Médaille commémorative de l’infamie du Châtelet ►
et de la caserne Labau

Le théâtre du Châtelet connaîtra heureusement des événements plus conformes à sa vocation :
L’ouverture de la Saison russe, en 1909, sous l’égide de Serge de Diaghilev et de Gabriel Astruc, verra la première apparition à Paris de Nijinski le 18 mai.

Serge de DIAGHILEV ►

Gabriel ASTRUC ►

Vaslav NIJINSKI ►

La première de Parade, ballet de Léonide Massine, sur un poème de Jean Cocteau, une musique d’Erik Satie, des décors de Pablo Picasso. Le programme est réalisé par Guillaume Apollinaire qui invente à cette occasion un néologisme qui aura de l’avenir : le "sur-réalisme"… Nous sommes le 18 mai 1917 ; visiblement le moral de "l’arrière" tient bon !…

Parade

Léonide MASSINE ►

Jean COCTEAU ►

Erik SATIE ►
par Suzanne Valadon

Pablo Ruiz PICASSO ►
avec l’équipe qui réalise les décors de "Parade"

Guillaume APOLLINAIRE ►

C’est dans la brasserie Zimmer, mitoyenne du théâtre, qu’André Virel, un ami de Jacques Prévert, est arrêté pour participation à un réseau de fabrication de faux papiers en 1943. À la suite de quoi notre poète va participer au déménagement d’une cache de documents. Ce sera son seul fait de Résistance.

Jacques PRÉVERT ►

2 : Théâtre Lyrique, puis Théâtre des Nations, puis Théâtre Sarah Bernardt, puis Théâtre de la Ville.
Une assemblée des électeurs du 4ème arrondissement s’y tient le 20 mai 1871. Y participent, en tant que membres de la Commune, Amouroux, seul représentant de la majorité du Conseil de la Commune, Arnould, Clémence, Gérardin, Lefrançais ; ces derniers représentant la minorité… Les 22 démissionnaires sont sommés par les 2000 électeurs présents de reprendre leur poste. Ils n’auront pas le temps de le faire ; nous sommes à la veille de l’entrée des versaillais dans Paris.

Cgarkes AMOUROUX ►

Arthur ARNOULD ►

Charles GÉRARDIN ►

Gustave LEFRANÇAIS ►

Maxime Lisbonne monte "Le sommeil de Danton" de Clovis Hugues, dans ce qui est alors le Théâtre de la Nation, en 1888.

Maxime LISBONNE ►

Clovis HUGUES ►
Son buste sculpté par sa femme aux Buttes Chaumont

Les Surréaliste perturbent la première de "Roméo et Juliette" des Ballets russes de Diaghilev le 18 mars 1926. Participent à ce charivari Breton, Crevel, Desnos, Duhamel, Tanguy, Prévert, Simone Breton

André BRETON ►
par Victor Brauner

René CREVEL ►

Marcel DUHAMEL ►
avec Carette dans "l’Affaire est dans le sac"

Yves TANGUY ►

Charles Dullin y monte "Les mouches", de Jean Paul Sarte, le 3 juin 1943. Albert Camus assiste à la représentation ; c’est sa première rencontre avec l’auteur de l’Être et le Néant.

Charles DULLIN ►

Jean-Paul SARTRE ►
par Hoffmeister

Albert CAMUS ►

Quai de Gesvres

C’est dans une salle sur ce quai, à une adresse qui nous est inconnue, qu’eut lieu le 15 mai 1871 une tardive tentative de fédération des clubs révolutionnaires. Mais il était déjà trop tard ; le 21 commençait la Semaine sanglante.
Si vous avez la curiosité de descendre sur le quai de la ligne 7 du métro Châtelet vous verrez les vestiges des cagnards du quai de Gesvres, aménagés sous Louis XIII par le marquis du même nom.

Vestiges des cagnards du quai de Gesvres ►
Ligne 5 du métro station Châtelet

Nous passons devant la rue Adolphe Adam

Il ne reste absolument rien de la rue de la Vieille Lanterne qui traversait ces parages. C’est, selon la légende, à l’emplacement du trou du souffleur du théâtre de la Ville que Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval, se pendit à la grille de l’échoppe d’un menuisier la nuit du 25 janvier 1855.

La rue de la Vieille Lanterne ►
lieu du suicide de Gérard de NERVAL

Un aller-retour sur le Pont Notre-Dame

Il a remplacé le plus vieux pont de Paris ; un ouvrage en bois qui permettait de traverser la seine bien avant l’arrivée des légions de César, prolongeant la route qui traversait la Gaulle du Nord au Sud puis, sous l’occupation romaine, le cardo maximus qui empruntait le trajet actuel de nos rues St Martin et St Jacques.
Lors de l’attaque de Lutèce par Labienus, Camulogène l’avait d’ailleurs fait brûler pour tenter de protéger la ville. Cela n’empêcha pas les troupes romaines de traverser la Seine en aval et de battre l’armée gauloise, semble-t-il dans la plaine de Grenelle.

Il était devenu le Grand Pont, un ouvrage fortifié par des tours, lorsque les Vikings assiégèrent Paris en 885. La défense de sa tour Nord fut un des épisodes les plus violents de cette défense, dirigée par Eudes. Paris résista mais le pont fut détruit.
Jusqu’en 1413, il fut remplacé par une passerelle, la planche Mibrai, ou Mibray ; ce qui devait devenir le Pont aux Changeurs étant devenu le principal passage d’une rive à l’autre.

La pompe à feu du pont Notre-Dame ►
et une joute des mariniers par Raguenet

Sous Charles VI le fou on construisit un pont de pierres qui fut détruit plusieurs fois par les crues de la Seine. Comme tous les ponts de l’époque, il fut couvert de maisons où s’installèrent par la suite des protestants.
Charles IX et Catherine de Médicis en autorisèrent le pillage le 15 décembre 1570. Le 20 décembre de l’année suivante, on y mit le feu. Et la suivante encore, c’était la St Barthélemy.
Le 12 mai 1588 s’y déroulèrent de violents combats pour s’emparer de l’Hôtel de Ville entre les ligueurs et les gardes suisses royaux lors de la Journée des barricades qui força Henri III à quitter la capitale.

HENRI III ►
lors d’un bal à la cour

La journée des barricades ►
le 12 mai 1588

Ses piles supportèrent à partir de 1751 une pompe à feu qui alimentait en eau de la Seine une partie de la ville.
Un célèbre tableau de Watteau, peint en 1720, a immortalisé "l’enseigne" de la boutique d’un certain Gersaint, ami du peintre, qui tenait boutique sur ce pont.
Ses maisons furent les premières dans Paris à porter un numéro inscrit en belles lettres dorées. On se demande bien comment faisaient les facteurs auparavant ?!...
Pendant la Révolution, il fut rebaptisé Pont de la Raison.

Le pont Notre-Dame ►
Publicité pour la boutique de Gersaint, la Pagode

Jean Antoine WATTEAU par Rosalba Carriera ►
L’enseigne de Gersaint par Watteau

Destruction des maisons construites sur le pont Notre-Dame ►
Par Hubert Robert

C’est au déboucher de ce pont sur l’île de la Cité que Vidocq organisa avec Jean Henry, chef de la 2ème division de police, le 25 mars 1811, sa fausse évasion destinée à donner le change à ses anciens complices qu’il allait trahir, pour devenir plus tard fondateur et chef de la Sûreté. Une belle crapule a deux faces ; au moins…
C’est à l’angle de ce même pont, mais côté rive droite, que Javert se suicide en se jetant à la Seine dans "Les Misérables".

Eugène-François VIDOCQ

Rue St Martin

Le début de la rue portait autrefois le nom de Planche Mibray.
En octobre 1815 éclatèrent dans ce secteur des rixes entre parisiens et soldats des troupes d’occupation prussiennes ; incidents qui amenèrent les coalisés à faire quadriller le quartier.
2 : Le 29 janvier 1887, le siège de l’Assistance Publique fut assailli par une manifestation d’étudiants en médecine protestant contre l’admission de deux femmes au concours de l’internat. Les carabins ont toujours représenté une corporation très progressiste !…

Traversons le square de la Tour St Jacques

On ne sait à quel endroit précis se trouvait dans ces parages un ancien menhir que les parisiens appelaient la Pierre au Lait. Il a disparu vers 1545.
La tour qui vient d’être superbement restaurée est en fait l’ancien clocher de l’église St Jacques de la Boucherie, un des principaux points de départ du pèlerinage de Compostelle.
C’est par erreur que la statue de Blaise Pascal qui orne sa base a été placée là pour commémorer ses expériences barométriques, en particulier celle dite du crève-tonneau. Il les a bien réalisées en 1648 du haut du clocher de l’église St Jacques, mais de l’autre, celle du Haut Pas, fief des jansénistes dont le savant philosophe faisait parti. Tout le monde peut se tromper !...
Pendant la Révolution, l’église fut le siège de la Section des Lombards.
Elle fut vendue comme bien national en 1797 puis détruite après être devenue une fabrique de plombs. Seul son clocher gothique flamboyant subsiste aujourd’hui. Il servit un temps d’observatoire météorologique
Les surréalistes en ont fait le centre symbolique de Paris.
Les corps des centaines de Communards fusillés après un jugement plus que sommaire dans la cour de la caserne Lobau furent jetés dans des fosses communes creusées dans ce square pendant la Semaine sanglante. On retrouvait encore des ossements lors des travaux exécutés là il y a quelques années. Aucune trace, bien entendu, de cet épisode aussi honteux que sanglant de l’Histoire d’une Troisième République qui naissait sous des auspices archi-réactionnaires.
Un petit monument, par contre, commémore la fin tragique de Nerval à quelques pas de là.

La Tour St Jacques ►
par François Cilleret eb 1836

Sa station météorologique militaire ►
et sa richesse architecturale

La statue de Blaise PASCAL ►
placée là par erreur

Gérard de NERVAL ►
et le monument qui lui est dédié

Rue de Rivoli à gauche, sortant du square par l’angle nord-est

39 : Une importante barricade fut érigée à l’angle du square, barrant la rue de Rivoli le 22 mai 1871 à l’annonce de l’entrée des versaillais dans Paris.

La barricade de la rue de Rivoli ►
pendant et après les combats

Rue Nicolas Flamel

Le fameux faux alchimiste, mais vrai philanthrope, y avait sa boutique d’écrivain-juré vers 1060. Le quartier était d’ailleurs voué à cette corporation. L’église St Jacques était entourée de logettes d’écrivains publics qui avaient leur rue aujourd’hui effacée par la rue de Rivoli.

Nous croisons la rue Pernelle

Elle porte le nom de la femme de Nicolas Flamel. On voit combien le souvenir de ces deux personnages hors du commun et des mythes et mystères qui les ont entourés a marqué le quartier.
12 : Juliette, la vendeuse de la confiserie Jacquin, était en 1942 le contact de Léopold Trepper avec le PCF. Arrêté dans le quartier en octobre, le chef du service de renseignement soviétique l’Orchestre rouge, selon ses propres dires, joue les agents doubles mais parvient à transmettre un rapport à Moscou sur ce retournement. Mais cette version est aujourd’hui contestée.

Leopold TREPPER ►
entouré de militants de l’Hachomer Hatzair

Rue des Lombards à gauche

C’est dans cette rue, écartelée entre deux arrondissements par le percement du boulevard de Sébastopol, que naquit en 1313 le poète Giovanni Boccace, fils d’un lombard de Florence. Elle s’appelait alors rue de la Buffeterie.

Giovanni BOCCACE ►

Nicolas Appert, confiseur de son état, y tenait boutique. C’est là, en cherchant un procédé de conservation des aliments, qu’il réalisa en 1782 une invention qui, bien que représentant un des plus grands progrès scientifiques de l’humanité, passa à l’époque presque totalement inaperçue et lui valut d’ailleurs de se ruiner : la stérilisation des aliments. On parla dans un premier temps d’appertisation. Le vrai génie est souvent discret.

Nicolas APPERT ►

33 : Emplacement de l’hôpital Ste Catherine, fondé en 1184 sous Philippe Auguste, un des premiers hôpitaux de Paris.
Au même endroit se tint beaucoup plus tard le siège de la Société Théophilanthropique, créée en 1796 par Jean-Baptiste Chemin-Dupontès, soutenue par La Reveillère-Lépeaux, et animée par Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne, Claude Fauchet, et Valentin Haüy. Il s’agissait d’une tentative de remplir, par une religion nouvelle fondée sur le difficile compromis entre la raison et l’existence d’un Être suprême, le supposé vide idéologique laissé par le rejet de la religion catholique pendant la Révolution.
Le 25 février 1793, les "Enragés" déclenchèrent dans le quartier des Lombards une émeute contre la liberté absolue du commerce des grains.

Louis Marie LA RÉVELLIÈRE-LÉPEAUX ►

Jean-Paul RABAUT SAINT-ÉTIENNE ►

Claude FAUCHET ►
Frontispice de son journal "La bouche de fer"

Valentin HAÜY ►

Rue Quincampoix

Une rue fameuse pour l’intense activité qu’elle connut pendant la Régence, autour du système économique de l’écossais John Law Activité très bien illustrée par le roman de Paul Féval père : le Bossu ou le Petit Parisien.
Après le massacre du Champ de Mars, le 17 juillet 1791, Jean-Paul Marat dut se cacher pour échapper à la répression. Il installa dans cette rue une imprimerie clandestine.

Paul FÉVAL ►
et son Petit Parisien, "le Bossu"

Jean-Paul MARAT ►

8 : Siège de la Société Suisse de Grütly, animée par Henri Jeanrenaud, son président, Siegwart Müller, James Fazy… Un club révolutionnaire soutenu par le parti démocratique de Genève, fondé en mars 1848.
33 : Bureau de la corporation des Tabletiers.
38-40 : Bureau des Merciers-Joalliers.
43 : L’échoppe d’un savetier est louée en janvier 1720 par les agioteurs ligués contre Law : les frères Pâris et Antoine Crozat, fondateur de la Louisiane et actionnaire de la Compagnie du Mississipi.

Joseph PÂRIS-DUVERNEY ►

Antoine PÂRIS ►

Jean PÂRIS de MONTMARTEL, par Quentin de La Tour

Antoine CROZAT ►

54 : Emplacement du cabaret de l’Épée de Bois, qui fut à l’origine de l’Opéra de Paris. D’abord Académie royale de danse sous Mazarin en 1658, puis Opéra en 1669.
65 : C’est dans l’Hôtel de Beaufort que John Law de Lauriston avait installé sa banque en 1719. L’Hôtel devint par la suite une maison de prostitution : il aura donc abrité toutes les turpitudes de notre société.

John LAW de LAURISTON ►
et sa banque, rue Quincampoix

82 : Ici se tenait à partir de 1791, dans le passage Molière, le théâtre du même nom tenu par Boursault.
Il devint celui des Sans-culottes, comme le passage, en 1793, puis celui des Variétés étrangères en 1807.
Ce fut en 1835 une école d’art dramatique ouverte par Pierre-Jacques de Saint-Aulaire. Elsa Félix, dite Rachel, fréquenta à 14 ans son cours de déclamation.

Elisabeth FÉLIX, dite RACHEL ►

Sa salle abrita en mai 1848 les réunions du Club des Patriotes du VIIème arrondissement ; arrondissements d’alors, bien sûr.
90 : C’est ici que se trouvait la cloche annonçant la fin des séances de la Bourse de Law. On ne sait si elle sonna l’heure de sa banqueroute qui l’obligea à fuir à Venise et ruina des milliers de rentiers.

Rue Rambuteau à gauche

Elle porte le nom de Claude Philibert Barthelot, comte de Rambuteau, préfet de la Seine pendant la Monarchie de juillet, promoteur de l’éclairage au gaz, des vespasiennes et des plaques en faïence, chiffres blancs sur fond bleu, qui numérotent la plupart des immeubles parisiens. Cette rue qui porte son nom fut la première artère d’une certaine largeur percée au centre de Paris. Elle présageait les travaux du baron Hussmann.

Claude Philibert BARTHELOT de RAMBUTEAU ►

Boulevard de Sébastopol à gauche

9 : Emplacement du secrétariat du "Club des Alsaciens, sentinelle avancée des Droits de l’homme", 12 rue de la Vieille Monnaie, créé en mars 1848, et animé par Louis, dit Aloysius Huber.

Aloysius HUBER

19 : PC parisien, à partir d’avril 1943, du réseau de Résistance "Franc-Tireur", fondé à Lyon en décembre 1941 autour d’un journal du même nom, par Jean-Pierre Lévy, et auquel appartiennent Eugène Claudius-Petit, Élie Péju, Georges et Micheline Altman, Albert Bayet, Madeleine Rimbaud, Antoine Avinin
38 : Docks de la Librairie, siège du journal "Le Combat", fondé par Félix Pyat dès son retour d’exil, le 4 septembre 1870. Journal d’inspiration républicaine jacobine, interdit par Vinoy, commandant militaire de Paris, le 11 mars 1871.
Siège également du journal "Le Vengeur", édité par Maurice Lachâtre en 1870 et chapeauté par le même Félix Pyat et interdit également.
Siège encore de la "Ligue d’Union Républicaine pour les Droits de Paris", créée par Félix Pyat et Lachâtre en avril 1871.
Pyat s’y cache dès le début de la Semaine sanglante. On ne le verra pas sur les barricades.

Félix PYAT ►

Maurice LACHÂTRE ►

48 : Pharmacie Cannone, dépôt puis centrale de diffusion, à partir de juillet 1942, du journal "Valmy", puis de "Résistance", animé par Roger Lardenois, Marcel Renet, alias Jacques Destrée, Marcelline Borne…

Marcel RENET, allias Jacques DESTRÉE

Rue Aubry le Boucher

La mutilation dans cette rue d’une statue peinte de la Vierge, le 21 mai 1530, entraîna la prise de mesures contre les luthériens de la capitale. Les premières persécutions contre les huguenots dataient de 1523.
26 : Siège de la Société patriotique Belge, animée par Blervack, Charles Graux, Jean-Baptiste Delahaye, Ange-Joseph Leduc, en mars 1848. Ce club deviendra plus tard la Légion Belge Parisienne.

Le 6 juin 1832, lors de l’insurrection déclenchée à l’occasion des obsèques du général Lamarque, une pièce est pointée dans cette rue contre une des barricades qui protègent le quartier-général des Insurgés au carrefour des rues St Martin et Neuve St Merry.
C’était la première fois à Paris qu’on utilisait le canon contre des barricades. Malgré tout, ne pouvant être contournées dans ces ruelles étroites, elles tiendront un bon moment face aux troupes de l’"ordre". Le baron Haussmann en tirera les conséquences, qui fera ouvrir de larges avenues plus praticables pour l’artillerie…

Rue St Martin à gauche

C’est à ce carrefour qu’était donc érigée la barricade St Merry, défendant le quartier général des Insurgés et leur ultime bastion, qui opposa une résistance acharnée aux troupes de "l’ordre" le 6 juin 1832. Elle était dirigée par Israël-Élie Bonjour, que Victor Hugo prit comme modèle pour le personnage de Jeanne dans "Les Misérables".
Antoine-François-Marius Rey-Dussueil tira de cette insurrection un roman, "Le cloître Saint Merry" dans lequel il raconte le geste d’un adolescent de 16 ans, nommé Joseph, qui meurt en brandissant le drapeau de la Société des Droits de l’homme. Cet ouvrage sera détruit par décision du tribunal en 1833. Mais Hugo s’en servira de modèle pour créer le personnage de Gavroche.
Mais si l’épopée hugolienne a quelque peu magnifié ce qui fut certes une véritable insurrection populaire, il semble que la réalité ait été plus complexe et qu’il y ait eu dans cette affaire manipulation par une certaine "Société gauloise" ; une société secrète carliste, c’est-à-dire royaliste légitimiste, qui aurait participé à ce mouvement avec l’objectif d’utiliser les troubles pour justifier le retour des Bourbon : Charles X ou Henri V. Mieux : ce sont les membres de cette société qui auraient brandi dans le cortège funèbre de Lamarque, comme une provocation, le drapeau rouge dont on a paradoxalement retenu à cette occasion la première apparition à Paris en tant que drapeau de la révolution. L’Histoire ne progresse pas seulement en spirale ; elle fait aussi parfois de curieuses pirouettes !...

Place Georges Pompidou

Difficile d’imaginer aujourd’hui, dans cette portion de la rue St Martin, face à la rue de Venise, la demeure de Valentin Conrart. C’est pourtant là que se tint, le 22 février 1629, la première réunion de ce qui allait devenir l’Académie française. Il s’agissait d’une sorte de cénacle réunissant un certain nombre de littérateurs qui débattaient sur les règles, bien floues à l’époque, de ce qui n’était pas encore la langue de Molière. Richelieu en fera, en 1634, l’embryon de l’assemblée des "Immortels".

Valentin CONRART ►

Nous passons devant la rue de Venise

C’est la plus étroite de Paris. Elle date de 1250, sous le règne de Louis IX, dit St Louis. Elle ne fait que 2 mètres de large .
3 : Fontaine Maubué ou Maubuée, autrefois alimentée par les eaux de Belleville, la plus fréquentée de Paris au Moyen Âge.

La fontaine Maubuée ►

Continuons la rue St Martin

79 : Ici s’ouvrait autrefois, face à la rue de Montmorency, l’impasse St Fiacre où étaient remisées les voitures de place qui furent créées sous Louis XIII, en 1640, par Nicolas Sauvage. Ces véhicules ont pris le nom de leur saint : les "fiacres", mais l’impasse a perdu ses lettres "St", grattées pendant la Révolution.

Un fiacre allait trottinant... ►
par Atget

81 : Demeure du poète Jean Chapelain, auteur de "La Pucelle". Il fut un des premiers académiciens. Chargé par Richelieu de dresser le plan du dictionnaire, il l’organisa par ordre de racines, ce qui le rendait absolument inutilisable… Il mourut là en 1674.

Jean CHAPELAIN ►

113 : Demeure, de 1852 à 1861, du chimiste Marcellin Berthelot.
122 : Ici se trouvait la barricade de la rue Maubuée fermant le système de défense des Insurgés de 1832. La rue Maubuée se trouvait dans l’axe de la rue Simon Lefranc.
131 : C’est dans ces parages que se trouvait la Pierre au Lard — déformation de "pierre au ladre" : le lépreux, selon certains ; de "pierre en l’air" pour d’autres —, un menhir qui se trouvait non loin de la fontaine Maubuée. Le centre Pompidou a recouvert toute cette zone.

Marcellin BERTHELOT ►

Rue Rambuteau à droite

Nous en avons déjà parlé : elle suit le tracé de l’enceinte de Philippe Auguste, marqué par le mur mitoyen des immeubles qui la bordent, puis par le passage Ste Avoie qui débouche à son numéro 8.
18 : Maxime Lisbonne, dit le Citoyen Lisbonne, ou encore le d’Artagan de la Commune, installa ici, du 1er avril 1886 à 1888, un des nombreux établissements qu’il ouvrit après son retour d’exil : la Taverne de la Révolution française.
40 : Là se trouvait le magasin "À la Belle Héloïse", où travaillaient vers 1860 Ernest Cognacq et Marie-Louise Jaÿ, les futurs fondateurs de la Samaritaine.
54 : Demeure du citoyen Furet, chez qui se tint le 28 mai 1848 une réunion à propos des élections du Club de la Révolution animé par Armand Barbès.

Ernest COGNACQ ►
son éventaire sur le Pont Neuf

Marie-Louise JAY ►

Rue Beaubourg à droite

24 : Le jeu de paume du cul-de-sac Berthaud qui se tenait ici devint un théâtre dans lequel Guillaume Desgilberts, dit Mondory, installa sa troupe. C’est dans cette salle qu’eut lieu, en décembre 1629, la première représentation du "Mélite, ou les fausses lettres" de Pierre Corneille.
26 : Emplacement de la poterne Huydrelon, ou Hydrelon, ou Hydron, percée dans l’enceinte de Philippe Auguste en 1270.
40 : Anciennement une des deux fabriques où étaient confectionnés les célèbre chapeaux hauts de forme Gibus, vers 1830.
44 : Emplacement de la demeure de Blaise Pascal, du 1er décembre 1651 à 1653.

Blaise PASCAL ►
et sa machine à calculer

54-103 : Ancienne rue Transnonain, dont ont disparu sous le Second empire les maisons des numéros impairs. On a là un bel exemple ici du but avoué des travaux Haussmanniens. En perçant des rues plus larges et plus droites — ici Beaubourg et Turbigo —, il supprimait un "quartier d’émeutes et de barricades" et permettait à la cavalerie et à l’artillerie de manœuvrer plus librement.

54 : Demeure en 1880, après son retour d’exil en Angleterre, d’Albert Theisz, ouvrier ciseleur sur bronze, Internationaliste, membre de la Commune et directeur des Postes au nom de celle-ci. Il avait signé le manifeste de la Minorité.

Albert THEISZ ►

62 : Ancien n° 12 de la rue Transnonain (une inscription se trouve au 79). C’est le lieu du fameux massacre du 14 avril 1834. Une insurrection ayant été déclenchée la veille, principalement dans ce quartier, en solidarité avec celle qui se déroulait au même moment à Lyon, la répression fut féroce.
Une barricade avait été dressée à cet endroit. Un coup de feu ayant été soi-disant tiré de l’immeuble, tous ses occupants furent massacrés sans pitié par les hommes de Bugeaud — vous vous souvenez : le "brave général à la casquette en peau de chameau", grand "pacificateur" du Maroc — sous l’autorité d’un ministre de l’Intérieur de Louis-Philippe nommé Adolphe Thiers — le futur grand sauveur de la République. Eh oui, déjà lui !...

Le massacre de la rue Transnonain ►
par Daumier

La maison du 12 rue Transnonain ►
Plan des étages

La rue Transnonain par Atget ►
Inscription à l’angle de la rue Chapon

Louis-Philippe 1er ►
caricaturé par Daumier

Adolphe THIERS ►
Caricature

71 : Deux groupes de Résistants des Bataillons de la Jeunesse et de l’Organisation spéciale du PCF, commandés par Pierre Tourette, attaquèrent, le 14 décembre 1941, une cantine de la Wehrmacht installée dans l’hôtel Impérator réquisitionné.

Pierre TOURETTE

81 : Henri Audouin tenait ici en 1910 une boutique "Au Cotillon du Prolétariat", dédiée aux insignes et drapeaux du mouvement ouvrier.
Une Section révolutionnaire dite de la Rue Beaubourg, puis de la Réunion, s’était tenue dans cette rue pendant la Révolution, entre 1790 et 1795, mais nous ignorons à quelle adresse. Elle se rassemblait aussi dans l’église St Merri.

Rue Geoffroy l’Angevin

Un poste de garde y fut pris par les Insurgés dès le début de la révolution de 1848, le 22 Février.

Rue du Temple à droite

15 : On a retrouvé ici des traces du fossé de l’enceinte dite du 11ème siècle. Elle a sans doute été commencée en fait à la fin du 10ème. Ce n’était qu’une levée de terre surmontée d’une palissade en bois. On a du mal aujourd’hui à en situer le parcours.
17 : C’est là que se trouvait l’Hôtel du connétable Bertrand du Guesclin, de 1372 à 1390.
C’était aussi, dans les "Mystères de Paris", écrits par Eugène Sue en 1838, l’adresse de Rodolphe dont le concierge, Monsieur Pipelet, a donné son nom dans l’argot parisien à tous les membres de sa corporation.

Eugène SUE ►

20 : Ici se tenait le bureau de la Gabelle au 17ème siècle.
36 : Le libraire-éditeur Pollet signa un des premiers contrats d’Honoré de Balzac, en 1822.

Honoré de BALZAC ►
Daguerréotype

Ce fut aussi la demeure de Philippe Burnier, capitaine du 130ème bataillon de la Garde nationale et membre de son Comité central en 1871.
41 : Adresse de "l’Aigle d’Or", une auberge fréquentée par le poète Guillaume Apollinaire vers 1910, tête de ligne des diligences et voitures de roulage.
C’est aujourd’hui le Café de la Gare, installé dans une ancienne usine de ventilateurs transformée en café-théâtre par Romain Bouteille et sa bande : Dewaere, Miou Miou, Depardieu, Renaud, Coluche… Il fut inauguré le 12 juin 1969.

Romain BOUTEILLE ►

Patrick DEWAERE ►

60-62 : Emplacement de la première porte du Temple, ou porte Ste Avoie, percée dans l’enceinte de Philippe Auguste en 1288.
62 : Hôtel de Mesme, demeure de la famille de Montmorency. Le connétable Anne de Montmorency y mourut après le combat de St Denis contre les huguenots le 12 novembre 1567. Son fils François de Montmorency, chef du parti modéré, démissionna de son poste de gouverneur de Paris 15 jours avant la St Barthélemy, laissant les mains libres aux massacreurs.
C’est dans l’Hôtel de Mesme que John Law installa sa Banque générale de dépôt de change et d’escompte, le 2 mai 1716.

Anne de MONTMORENCY ►

François de MONTMORENCY ►

Rue St Merri

Le siège du Club de l’Homme Armé, dont Delbrouck était président, déménagea après les événements de mai 1848.
12 : Hôtel Le Rebours. Impasse du Bœuf. Cul de sac du Bec-oye. Lettres "St" grattées pendant la Révolution.

Rue Pierre au Lard

Traverser la rue du Renard

Reprendre la rue St Merri

Rue Brisemiche

1 : Demeure de Blaise Pascal, donnant aussi sur les rues de Cloître St Merry et Taillepain — Brise miche, taille pain : toponymie typiquement parisienne... — Il vit là de juin 1635 à 1648 avec son père et sa sœur Jacqueline. Il y reçoit René Descartes et Gilles Personne de Roberval.

René DESCARTES ►

Gilles PERSONNE de ROBERVAL ►
et sa balance

Rue du Cloître St Merry

5 bis Une autre barricade du quartier général des Insurgés de 1832.
18 : Hôtel de Roannès ou Roannez, demeure d’Artus Gouffier, duc de Roannès, ami de Pascal chez qui ce dernier présente sa "machine arithmétique", le 23 septembre 1647.
Ils partagent en 1662 l’invention et la concession des carrosses à 5 sols ; les premiers "transports en commun" qui auront peu de succès à l’époque mais connaîtront plus tard une belle carrière sous le nom d’omnibus.
30 : Emplacement du cloître St Merry, état-major des insurgés de 1832. Ils y livreront leur dernier combat le 6 juin. 17 seront assassinés à la baïonnette après s’être rendus.
En 1833 s’y installe, suite à la loi Guizot, un cours du soir pour adultes auquel assiste Martin Nadaud, ouvrier maçon, futur député.

François GUIZOT ►
par Nadar

Martin NADAUD ►

Rue St Martin à gauche

11 : Maison d’enfance du poète Robert Desnos, en 1902.
26 : Demeure de d’Ernest Édouard Fribourg, franc-maçon, un des fondateurs de l’Association Internationale des Travailleurs en France, en 1865.
30 : Demeure d’Arsène, un des héros du roman de George Sand intitulé "Horace", écrit en 1842. Jeune ouvrier qui participe à l’insurrection de 1832 et parvient à s’échapper par les toits après la chute de la barricade St Méri.
78 : On a retrouvé les vestiges d’un cimetière gallo-romain sur l’emplacement de l’église St Merry, ce qui atteste de l’importance de la population sur la rive droite déjà au 3ème siècle.
C’est devant cette église que fut dressée la barricade qui tint la dernière lors de l’insurrection de la Société des Saisons, organisée par Barbès et Blanqui le 12 mai 1839.

Robert DESNOS ►

George SAND ►
par Nadar

Barricade en 1832 ►
mais aussi en 1839

Traverser l’église St Merri

Son clocher abrite la plus vieille cloche de Paris, surnommée Merri. Elle a été réalisée par Jean de Dinant, fondeur à Béthune, en 1331.
À la pointe d’ogive du portail, réalisé en 1515, on peut voir une statuette androgyne ; peut-être une représentation du Baphomet.
L’église St Merri fut, pendant la Révolution, à partir du 21 mai 1790, le siège de la Section de Beaubourg puis de la Réunion, auquel participaient Charles Cochefer, Souard, Michel…
Elle devient le temple du Commerce par décret 2 prairial an III (21 mai 1795), et accueille le culte théophilanthropique de 1797 à 1801.
Camille Saint-Saëns est nommé organiste de St Merri à 18 ans en 1853.
Le 22 mars 1892, le père Le Moigne, un jésuite qui critiquait la Révolution française dans une série de conférences sur la situation ouvrière, est pris à parti par des anarchistes qui l’interrompent en chantant la Marseillaise. S’ensuivent des heurts qui font plusieurs blessés.

L’église St Merry ►
Le Baphomet à la pointe de son portail

Camille SAINT-SAËNS ►

80 : Emplacement de l’Archet St Merry, une des portes des Vieux Murs, vestige de l’enceinte dite du 11ème siècle, mais sans doute plutôt de la fin du 10ème.
Sortir par la porte latérale vers la rue de la Verrerie.

Rue de la Verrerie à gauche

On suppose que s’y trouvait un cimetière réservé aux juifs avant leur expulsion par Philippe IV le Bel en 1306, puis par Charles VI en 1394.
Le fameux Jean-Henri Aubrespy dit Danry dit Masers de Latude, célèbre pour son évasion de la Bastille, habitait dans cette rue avant son arrestation le 1er mai 1749. Il devint, 40 ans plus tard, le vivant mais très "intéressé" symbole de la tyrannie absolutiste.

LATUDE ►

C’est également dans cette rue que Joseph Foullon de Doué, accusé d’organiser la pénurie de denrées, fut pendu le 22 juillet 1789, en présence de son gendre Bertier de Sauvigny qui allait subir le même sort quelques instants plus tard place de Grève.

Joseph FOULLON de DOUÉ ►
sa pendaison place de Grève avec Bertier de Sauvigny

Louis Bénigne François BERTIER de SAUVIGNY ►
ramené à Paris 23 juillet 1789

16 : Demeure de Courfeyrac, insurgé de 1832 dans "Les Misérables" de Victor Hugo.
18 : Construction néo-classique remarquable dans la cour, réalisée en 1876 par l’architecte Harouard.
52 : Siège du journal "l’Humanitaire", dirigé par Gabriel Charavay. Il paraît en juillet et août 1841. C’est l’organe du courant communiste néo-babouviste matérialiste qui sera considéré comme précurseur du marxisme. Il est violemment attaqué par Cabet. Théorodore Dézamy rompt du coup avec ce dernier dont il était jusqu’alors secrétaire. Julien Gaillard, Pierre Page, Jean Joseph May participent à la rédaction. Il est immédiatement interdit par la pouvoir qui prend prétexte de l’attentat de Quénisset contre le duc d’Aumale. Charavay passera deux années en prison.

Gabriel CHARAVAY ►

Étienne CABET ►
Frontispice de son "Voyage en Icarie"

74 : Ancien puits dans la courette.
78 : Un des principaux points de résistance de l’insurrection le 6 juin 1832. Le poste de police qui se trouvait dans cette rue avait été investi la veille par les Insurgés.
83 : Demeure de Dominique Théophile Regère de Montmore, vétérinaire, membre de la Commune de 1871, délégué aux Finances.
La maisons, datant du début du 16ème siècle, est une des plus pittoresques du vieux Paris.

Dominique Théophile RÉGÈRE de MONTMORE ►
Notice biographique

Rue du Temple à droite

10 : Puits dans le sous-sol du bar.
15 : Des traces du fossé de l’enceinte du 11ème siècle ont été découvertes ici en 1995.

Rue de Rivoli à droite

60 : Demeure de Lefebvre-Roncier, ou Lefèvre-Roncier, qui servit de quartier général à Charles Delescluze lors de l’insurrection du 22 janvier 1871. Il était accompagné de Razoua, Cournet, Edmond et Léonce Levraud, Arthur Arnould

Charles DELESCLUZE ►

Eugène RAZOUA ►

Frédéric Étienne COURNET ►
Caricature

66-68 : Une barricade fut érigée à l’entrée de la rue de la Tixeranderie par les Insurgés de Juin 1848. Le général Franciade Fleurus Duvivier, qui dirigeait la Garde mobile créée quelques semaines plus tôt en prévision de ces événements, fut mortellement blessé dans les violents combats qui se dressèrent ici le 25 juin.

Franciade Fleurus DUVIVIER, général

66 : Au café "Les Armes de la Ville" se tenaient en 1932 les réunions du Cercle de la critique sociale animé par Boris Souvarine et que fréquentaient Colette Peignot, dite Laure, et Simone Weil.

Boris SOUVARINE ►

Colette PEIGNOT, dite Laure ►

Simon WEIL ►

74 : Siège de la Section des Arcis, dans ce qui était alors la rue Jean Pain-Mollet, de 1790 à 1795. Elle occupait aussi l’église St Jean en Grève qui serait aujourd’hui à cheval sur la rue Lobau.
76 : Dans cette même rue Jean Pain-Mollet demeurait Stanislas Marie Maillard, héros de la Bastille, un des meneurs des émeutes populaires de 1789 et en particulier de la marche des femmes sur Versailles qui ramena la famille royale aux Tuileries.

Les femmes partent à Versailles réclamer du pain au roi ►
le 5 octobre 1789. Elles le ramèneront de force à Paris le 6

Stanislas Marie MAILLARD ►

98 : Emplacement de la prison du For ou Savot aux Dames, geôle des abbesses de Montmartre qui fut transférée à l’abbaye en 1674.
Pendant la Semaine sanglante, le 22 mai 1871, fut érigée ici une barricade défendant l’Hôtel de Ville. Prosper Olivier Lissagaray en parle dans son ouvrage sur la Commune.

Prosper-Olivier LISSAGARAY ►

31 : Emplacement du café du Gaz, qui devint le café de la Garde nationale.
Comme son nom l’indique, il était fréauenté par les membres de la Garde nationale
Blanqui en fit son quartier général lors de la tentative de renversement du gouvernement le 22 janvier 1871.

Le café du Gaz, devenu le café de la Garde nationale ►

Traverser la rue de la Coutellerie

Rue de la Tacherie

Une synagogue, dans ce qui était alors la rue de l’Attacherie, fut transformée en église après les expulsions de juifs de Paris en 1182.

Avenue Victoria à gauche

1 : Barricade de l’avenue Victoria, une des plus importantes construite pendant la Commune sous la direction de Napoléon Gaillard, tenue entre autres par des francs-tireurs garibaldiens lors des combats du 24 mai 1871.

Barricade de l’avenue Victoria ►

Napoléon GAILLARD ►

3 : Là se tenait le siège du Comité central des vingt arrondissements après son déménagement de la rue de la Corderie du Temple, juste avant sa disparition, en mai 1871.
11 : Le siège de l’Assistance Publique fut incendié pendant la Semaine sanglante, le 24 mai 1871.
Une manifestation des étudiants en médecine s’y déroula le 29 janvier 1887 contre l’admission de deux femmes au concours de l’internat. Une corporation qui fut toujours très progressiste...
24 : Emplacement de l’Hôtel du lieutenant général de police sous Louis XIV. Une émeute des ouvriers des ateliers publics y fut noyée dans le sang le 20 août 1709. La répression fit plusieurs dizaines de morts.

Place de l’Hôtel de Ville

Ce fut longtemps, bien qu’elle soit alors beaucoup moins étendue qu’aujourd’hui, la plus grande place de Paris. On l’appelait place de Grève du fait qu’elle descendait en pente douce vers le cours de la Seine.
Les ouvriers qui cherchaient un emploi, en particulier ceux du bâtiment, s’y rassemblaient pour tenter de vendre leur force de travail. À partir de 1833, lorsque le prix proposé par les patrons était insuffisant, les travailleurs s’entendaient pour refuser l’embauche. Ils appelaient cela se "mettre en Grève". Une forme d’action qui s’est développée dans les proportions que l’on sait avec l’élargissement de l’exploitation.

La place de Grève ►

C’est le 7 juillet 1357 qu’Étienne Marcel, prévôt des marchands, installe la "Maison commune" dans la Maison aux Piliers, à l’emplacement de l’actuelle mairie de Paris.
Celle-ci sera remplacée en 1533, sous François 1er, par l’Hôtel de Ville, dit du Boccador, du surnom de son architecte italien : Dominique de Cortone.
Après l’incendie de 1871, déclenché pendant la Semaine sanglante, il sera reconstruit en plus grand mais dans le même style.

Étienne MARCEL, sa statue sur le quai de Gesvres ►
et son assassinat porte St Antoine, peint par Frossart

La Maison aux piliers ►

L’Hôtel de Ville du Boccador ►

Cette place, de Grève puis de l’Hôtel de Ville, va connaître pratiquement tous les événements essentiels de l’Histoire de France.

C’est sous Louis VI le Gros, en 1134, qu’elle devient un port et un marché aux outils, en même temps que de la force de travail comme nous l’avons vu plus haut. Mais elle devient aussi, en tant qu’espace le plus large dans les murs de la ville, un lieu de supplice.
Philippe II Auguste y fait brûler le Talmud le 24 juin 1182.
Les exécutions diverses et variées — nos ancêtres avaient beaucoup d’imagination dans ce domaine — s’y déroulent à partir du règne de Philippe le Bel.
La première est celle de Marguerite Porete, une béguine brûlée vive le 1er juin 1310 avec son livre — Mirouer des simples ames anientis et qui seulement demourent en vouloir et desir d’amour — jugé hérétique par l’Inquisition. Forcément !...
De nombreux martyrs suivirent. Entre autres personnages connus :
En 1382 : Exécution des meneurs de la révolte des Maillotins.
En 1525 eut lieu la première exécution par le bûcher d’un luthérien, Jacques Pauvant ou de Pavane, à Paris.
1549 : Jacques Ier de Coucy, décapité.
1559 : Anne du Bourg, pendu puis brûlé.
1574 : le Comte de Montgomery, décapité.
1602 : Guy Éder de La Fontenelle, roué vif.
1610 : François Ravaillac, écartelé.
1627 : François de Montmorency-Bouteville, décapité.
1632 : Louis de Marillac, de même.
1662 : Claude Le Petit, poète, chantre de Paris, auteur de "Paris ridicule", est brûlé vif pour avoir médit de la religion.
1670 : François Sarrazin, poing coupé puis brûlé vif.
1676 : Marie Madeleine Dreux d’Aubray, marquise de Brinvilliers, décapitée.
1680 : Catherine Deshayes, dite la Voisin, brûlée vive.
1681 : Anne de Carada du Saussey, idem.
1721 : Louis Dominique Cartouche, roué vif.
1757 : Robert François Damiens, écartelé.
1766 : Thomas Arthur de Lally-Tollendal, décapité.

"La Grève", comme on disait alors pour désigner la place, fut aussi le théâtre de nombreux événements historiques :
Le 20 août 1418, elle vit le massacre d’Armagnacs par les partisans des Bourguignons menés par le bourreau Capeluche.
Le 13 mai 1588, le lendemain de la Journée des barricades, Crillon s’en échappe avec 3000 hommes pour rejoindre Henri III qui a fui la capitale.
Le 4 juillet 1652, pendant la Fronde des princes, Condé fait prendre l’Hôtel de Ville par ses hommes déguisés en manifestants dont le signe de ralliement était une touffe de paille — d’où le nom donné à l’événement : la "Journée des pailles". Ils massacrent une trentaine de notables favorables au roi et mettent le feu au bâtiment.

Louis II de BOURBON-CONDÉ ►

Pendant la Révolution

Deux canonniers de la Bastille y sont pendus à la "lanterne de la Grève" située au "coin du roi", au dessus de l’épicerie Delanoué, le 14 juillet 1789.
La veille, 13 juillet, les électeurs de la capitale y avaient élu un Comité permanent qui devint par la suite la Commune de Paris.
Le même jour est créée, sous le commandement de La Fayette, une milice bourgeoise forte de 48 000 hommes qui arborent la cocarde bleue et rouge aux couleurs de Paris. Elle deviendra un peu plus tard la Garde nationale.

Gilbert du MOTIER de LA FAYETTE ►

Le 14, Jacques de Flesselles, dernier prévôt des marchands de Paris, soupçonné de connivence avec De Launay pour ne pas livrer les armes de la Bastille aux insurgés, est massacré à l’angle du quai.

Jacques de FLESSELLES au bout d’une pique avec LAUNAY►
par Nonotte

Bernard-René JOURDAN de LAUNAY ►
son arrestation à la Bastille

Le 15, Jean-Sylvain Bailly est nommé maire de la première municipalité parisienne.

Jean-Sylvain BAILLY ►

Le 17, Louis XVI vient tenter de se concilier les représentants. Il reçoit la cocarde bleu-blanc-rouge, symbole, par ses couleurs entremêlées, de l’union de la capitale et de la royauté.

LOUIS XVI reçu à l’Hôtel de Ville ►
Portrait équestre, en 1791 encore, avec la cocarde tricolore

Le 22, Bertier de Sauvigny, intendant de la généralité de Paris, est pendu à la lanterne de coin du roi, en même temps que son beau-père, Foullon de Doué, comme responsables de la pénurie de denrées. De là viendra peut-être la fameuse expression reprise dans le "Ça ira" des sans-culottes : les aristocrates "à la lanterne".
C’est de là que partit, le 5 octobre 1789, la manifestation, menée par Reine Audu, Maillard et Théroigne de Méricourt, qui irait à Versailles réclamer du pain et ramènerait la famille royale aux Tuileries.

Anne-Josèphe THEROIGNE, dite THÉROIGNE de MÉRICOURT ►
portrait sur une assiette en porcelaine

Le 19 février 1790, le marquis de Favras est pendu pour complot contre-révolutionnaire.

Thomas de MAHY, marquis de FAVRAS ►
Son exécution

Le 25 avril 1792, la guillotine y est utilisée pour la première fois à l’occasion de l’exécution de Nicolas Pelletier, condamné pour fabrication de faux assignats.
Le 31 juillet 1792, le Comité central des Sections parisiennes siégeant en permanence décrète l’admission des citoyens passifs dans la Garde nationale.
Le 9 août, la Commune insurrectionnelle est proclamée. Le marquis de Mandat, commandant de la Garde nationale, est exécuté.
Le 10, c’est de la place de Grève que partent les sections qui vont prendre d’assaut le palais des Tuileries.
Le 5 septembre 1793, les sans-culottes s’y rassemblent à l’appel d’Hébert avant d’aller envahir la Convention afin d’exiger les lois qui mettent la Terreur à l’ordre du jour. La veille, une manifestation d’ouvriers du bâtiment et des fabrications de guerre était venue réclamer du pain auprès de la Commune.
Cette même année, la place est rebaptisée place de la Maison commune.

Jacques-René HÉBERT ►

C’est à l’Hôtel de Ville que se dénoue le coup d’État de Thermidor. Le 9 au matin, les insurgés, autour de Robespierre, ont l’initiative. Coffinhal a investi l’Assemblée mais ne pousse pas plus loin l’avantage. Les insurgés se replient sur l’Hôtel de Ville et nomment un Comité d’exécution. Mais l’Incorruptible hésite. Il veut rester dans la légalité. Pendant ce temps l’Assemblée s’organise, et c’est Barras qui prend d’assaut l’Hôtel de Ville. Le 10 vers 2 heures du matin, tout est joué. Maximilien est blessé. Les robespierristes — Saint-Just, Couthon, Hanriot, Le Bas… — sont arrêtés. Ils seront guillotinés dès le lendemain.

Maximilien ROBESPIERRE ►

Louis Antoine SAINT-JUST ►
Son buste par David d’Angers

Georges COUTHON ►

François HANRIOT ►

Philippe LE BAS

Paul BARRAS ►

Les membres du Tribunal révolutionnaire, dont Fouquier-Tinville et Herman, le seront également, en place de Grève, le 7 mai 1795.
Le 21 mai les Insurgés du faubourg St Antoine, menés par un certain François Duval, prennent l’Hôtel de Ville ; mais ils en sont chassés quelques heures plus tard. Ce sera le prétexte à une répression qui marquera la fin du processus révolutionnaire en tant que tel.

Antoine FOUQUIER-TINVILLE ►

Martial HERMAN ►
par Pierre Bouillon

Après la Révolution, les exécutions continuent ; les manifestations aussi :
Cadoudal et ses complices le 25 juin 1804.
Les "Patriotes" Carbonneau, Pleignier et Tolleron, pour conspiration contre la monarchie le 6 juillet 1816.
Bories, Goubin, Pommier et Raoulx, les quatre sergents de La Rochelle, pour complot carbonari, le 21 septembre 1822. La veille, 3 à 4000 francs-maçons avaient manifesté contre la sentence, sans résultat. Mais la guillotine ne sera jamais plus utilisée en ce lieu.

Georges CADOUDAL ►

Exécution des Quatre sergents de La Rochelle ►
Jean-François BORIES, Jean-Joseph POMMIER, Marius-Claude RAOULX, Charles GOUBIN

Le 24 mars 1848, on plante sur la place de Grève un arbre de la Liberté, un peuplier, comme un peu partout en France.
Fin 1870, pendant le siège de la ville par les prussiens, un marché aux rats s’y installe. Ils se vendent de 50 à 75 centimes.

Plantation d’un arbre de la Liberté place de Grève ►
le 24 mars 1848

La révolution de 1830

Le 28 juillet, l’Hôtel de Ville est envahi une première fois par le peuple. L’ouvrier Jean Fournier va planter deux drapeaux, un noir et un tricolore, sur sa façade au dessus de l’horloge. Mais les troupes gouvernementales le réinvestissent le jour-même.
Le 29, les Insurgés finissent par s’en emparer après plus de 24 heures de combats acharnés, en particulier sur le pont suspendu qui prendra, suite à cette bataille, le nom d’un adolescent tué alors qu’il participait à l’assaut ; il s’appelait Arcole.

Assaut de l’Hôtel de Ville par le pont d’Arcole ►
le 28 juillet 1830

Sitôt la lutte finie, se présente le bataillon des opportunistes, La Fayette en tête, accompagné du banquier Laffitte, de Casimir Perier, Odilon Barrot, Benjamin Constant... Ils s’autoproclament Commission municipale et s’installent dans les murs.

Jacques LAFFITTE ►

Casimir PERIER ►

Odilon BARROT ►

Benjamin CONSTANT ►

Le 31, ils font venir Louis-Philippe dans un climat plutôt hostile ; mais La Fayette, par un tour de passe-passe, le fait acclamer par la foule. Et en guise de République, la France se retrouve avec un nouveau roi. Cette trahison, à laquelle ont participé, entre autres crapules, le caméléon Talleyrand et un certain Adolphe Thiers, va se payer cher en insurrections et en attentats qui vont ponctuer la courte vie de la "monarchie de juillet".

Charles-Maurice de TALLEYRAND-PÉRIGORD ►

Adolphe THIERS ►
Caricature dans "la Petite Lune"

Nous avons déjà parlé de 1832 et de 1834. Le 12 mai 1839, une nouvelle tentative est organisée par la Société des Saisons, créée par Blanqui, Barbès, Martin Bernard, Laponneraye. Et à nouveau c’est la prise de l’Hôtel de Ville qui est l’objectif des révolutionnaires.

La révolution de 1848

C’est à l’Hôtel de Ville qu’est présentée la formation d’un gouvernement provisoire très éclectique et conflictuel, après la destitution du roi à la drôle de "poire", le 24 février.

Le gouvernement provisoire de 1848 ►

Le 25, Lamartine fait sur le perron sa fameuse intervention contre l’adoption du drapeau rouge à la place du drapeau tricolore. Mais Marche, le leader ouvrier qui s’est opposé à lui, obtient la garantie du travail. Une mesure qui obligera le gouvernement à créer des ateliers nationaux dont la fermeture, trois mois plus tard, déclenchera la révolution de juin que la bourgeoisie écrasera dans un bain de sang.

Alphonse de LAMARTINE ►

Le 22 mars, conduite par Jeanne Deroin, une délégation de militantes de "La Voix des Femmes" — elles ont joué un grand rôle et acquis une certaine autonomie politique dans le processus révolutionnaire qui vient d’avoir lieu — se présente pour réclamer la citoyenneté et le droit de vote. Celles qui sont pourtant "l’avenir de l’homme" devront attendre encore un siècle pour les obtenir...

Jeanne DEROIN ►

Le siège de Paris et la Commune

La Troisième république est proclamée du balcon de l’Hôtel de Ville par Jules Favre et Léon Gambetta le 4 septembre 1870.

Jules FAVRE ►
Caricature

Léon GAMBETTA ►
proclamant la République au balcon de l’Hôtel de Ville

Le 31 octobre, les Blanquistes envahissent l’Hôtel de ville, où se tient le gouvernement, pour réclamer la poursuite de la guerre.
Le 22 janvier 1871, nouvelle tentative infructueuse de renversement du gouvernement. Y participent principalement des blanquistes : Émile Duval, Raoul Rigault, Jean-Louis Pindy. Chaudey sera accusé d’avoir fait tirer sur la foule par des gardes mobiles bretons. La fusillade fait 5 tués, dont Théodore Sapia, et de nombreux blessés. De Montmartre est venue une délégation de femmes, parmi lesquelles Louise Michel, André Léo, Sophie Poirier, Béatrix Excoffon

Émile DUVAL, dessiné par Maxime Lisbonne

Raoul RIGAULT ►

Jean-Louis PINDY ►

Gustave CHAUDEY

Théodore SAPIA ►

Louise MICHEL en uniforme de Fédérée ►

Victoire Léodile BÉRA, épouse CHAMPSEIX, dite André LÉO ►

Béatrix EXCOFFON

Le 18 mars, les insurgés, dirigés par Pindy, Brunel, Eudes et Ranvier, s’emparent du bâtiment que le gouvernement a fui en fin de matinée. Une réunion du Comité central de la Garde nationale s’y tient dans la foulée, réunissant Brunel, Édouard Moreau, Varlin, Jourde, Bergeret, Eudes, Émile Duval, Rigault… Le drapeau rouge est hissé sur le bâtiment.

Paul BRUNEL, général ►

Émile EUDES ►

Gabriel RANVIER ►

Édouard MOREAU ►

Eugène VARLIN ►

Francis JOURDE ►

Jules BERGERET, général ►

Le 28, la Commune est proclamée. C’est Charles Beslay, en tant que doyen des délégués, qui lit la proclamation. Son Conseil y tiendra ses séances jusqu’au 24 mai.

Proclamation de la COMMUNE ►
le 28 mars 1871

Charles BESLAY ►

Le 26 avril, le vénérable Thirifocq vient, à la tête d’une délégation, faire une déclaration de soutien des francs-maçons à la Commune. Vallès leur offre son écharpe.

Jules VALLÈS ►

Le 1er mai, le Conseil de la Commune se divise sur la question de la création d’un Comité de salut public qui est adoptée par 45 voix contre 23, principalement des Internationalistes. La minorité proteste et se retire du Conseil, attitude qui sera désavouée par ses électeurs.
Le 22 mai, le général Dombrowski, accusé de trahison par un provocateur, comparaît devant le Conseil. Il est disculpé mais ressort démoralisé de cette épreuve.

Jaroslaw DOMBROWSKI, général ►

Le 24 à 7 heures du matin se tient la dernière séance proprement dite du Conseil de la Commune à l’Hôtel de Ville. Ce dernier sera incendié en fin de journée à l’initiative de Jean-Louis Pindy.

La guerre de 39/45

Pendant l’Occupation, flotte sur l’édifice un drapeau à croix gammée. D’ailleurs, la préfecture de la Seine, sous l’autorité d’Achille Villey, Charles Magny, Rena Bouffet, assure une collaboration sans faille avec les nazis.
Les Résistants menés par Léo Hamon occupent le bâtiment le 20 août 1944, juste avant que ne soit signée la trêve conclue avec Von Choltitz.

Léo HAMON ►

La Libération de Paris

L’histoire officielle oublie le plus souvent de rappeler que ce sont des républicains espagnols, 130 environ, engagés dans la 2ème DB de Leclerc et commandés par le lieutenant Amado Granell, qui sont arrivés les premiers, à 21 h 22 le 24 août 1944, sur la place de l’Hôtel de Ville. Paris libéré par des anarchistes, étrangers de surcroit, vous n’y pensez pas !...
Le lendemain, De Gaulle, entouré du commandant Le Percq, de Marcel Flouret, Georges Bidault et André Tollet, prononce son fameux discours dans lequel il ne dit pas un mot sur la Résistance.

Arrivée à l’Hôtel de Ville de la colonne DRONNE de la 2ème DB ►
constituée essentiellement de Républicains espagnols

Raymond DRONNE, capitaine ►
dzns sa Jeep "Morts aux cons"

Amado GRANELL, lieutenant ►
avec le capitaine DRONNE

Charles de GAULLE ►
au balcon de l’Hôtel de Ville

André TOLLET ►
Comité parisien de la Libération, 3ème à partir de la droite

Rappelons que Paul Verlaine a travaillé quelques temps à l’Hôtel de Ville en 1871. Il semble qu’on l’ait vu plus souvent au café du Gaz qu’à son bureau. C’est à cette époque qu’il fit la connaissance de Rimbaud.
Plus tard, en 1932, Raymond Bussière, dit Bubu, qui y travaillait lui aussi en tant que dessinateur, fit de son bureau le quartier général du groupe Octobre, animé par Jacques Prévert.

Paul VERLAINE ►

Arthur RIMBAUD ►
En Afrique

Raymond BUSSIÈRE ►

C’est ici que se termine notre parcours.

L’Hôtel de Ville de PARIS ►
Combats de la Semaine sanglante


Tout commentaire, complément, correctif ; toute précision ou simple remarque... à propos de ce parcours, seront évidemment les bienvenus.

Contact : parisrevolutionnaire@gmail.com