BALADE AU SIÈCLE DES LUMIÈRES, DANS LE QUARTIER DE LA MONNAIE

Jeudi 15 juillet 2010, par Webmestre // ► MONNAIE

LE QUARTIER DE LA MONNAIE AU SIÈCLE DES LUMIÈRES
UNE RÉVOLUTION AVANT LA RÉVOLUTION


Notre promenade commence place St Michel, devant la fontaine ; lieu traditionnel de rendez-vous des parisiens.

Place St Michel

Elle était le départ d’une voie romaine doublant le Cardo maximus (l’actuelle rue St Jacques), située un peu en contrebas de cette dernière, et qui pour cette raison fut nommée “Via inferior”, pour devenir plus tard par déformation — du moins le suppose-t-on — la rue d’Enfer.
Cette place St Michel fut, comme la plupart de ses homologues de grand passage, un lieu de supplices. Elle vit en particulier dresser de nombreux bûchers pendant les guerres de religion.
Sous le Second Empire s’y trouvait le café de la Renaissance, face à la fontaine St Michel. Il s’y tenait des réunions politiques animées par les Blanquistes. C’est là que furent arrêtés, début 1866, Raoul Rigault, Gustave Tridon, les frères Edmond et Léonce Levraud, Gaston Da Costa, Charles Longuet, Gustave Genton, Eugène Protot, Verlière, Landowski et Largilière (en fait une taupe infiltrée par la police). Ils furent défendus par l’avocat Gustave Chaudey.
Lors du déclenchement de l’insurrection qui allait aboutir à la Libération de Paris, une des premières barricades fut dressée au déboucher du boulevard, face à la préfecture de police. Les combats qui se déroulèrent ici ont laissé des traces encore visibles sur le mur d’angle du Palais de justice.
Une affiche reproduisant l’appel du 18 juin 40 est exposée à l’angle de la fontaine, sur sa droite.
Cette place fut, avec le Boul’Mich, un lieu privilégié de la contestation étudiante ; entre autres pendant le mouvement de Mai 68.

Rue de l’Hirondelle

Ambroise Paré, père de la chirurgie moderne, avait vers 1541 une boutique à l’enseigne des Trois Bassins dans la partie de cette rue qui disparut lors de l’élargissement de la place.
20-22 : L’Hôtel de la Salamandre construit par François 1er pour une de ses nombreuses maîtresses, Anne de Pisseleu, porte encore au dessus du porche une salamandre en bas-relief, emblème approprié de ce roi qui fut le premier à faire brûler des Calvinistes.
25 : Le cabaret de la Bolée fut fréquenté par Charles Baudelaire et Jeanne Duval, puis par les poètes du Fantastique social : Pierre Mac Orlan, Francis Carco… et, plus tard, par Robert Desnos et l’écrivain-dessinateur André Warnod.
L’inscription “rue de lirondelle”, sans H ni apostrophe, à l’angle de la rue Gît-le-Cœur, montre à quel point notre belle langue française, que d’aucuns veulent aujourd’hui immuable, a su évoluer à travers les siècles.

Rue Gît-le-Cœur à droite

C’est l’ancienne rue Gilles le Queux, c’est-à-dire le cuisinier.
10 : Pompe à eau sur la gauche dans la cour.
9 : L’Hôtel Rachou, futur “Beat Hotel”, séjour privilégié de Chester Himes et de nombreux auteurs américains vers 1956.
5 : L’Hôtel d’O était la demeure du chancelier Pierre Séguier, garde des sceaux sous Louis XIII. C’est lui qui saisit en 1637 la correspondance de la reine Anne d’Autriche — qui, comme son nom ne l’indique pas, était espagnole — soupçonnée de trahir des secrets d’État au profit de son frère Philippe IV. Homme de confiance de Richelieu, il écrasa la révolte des “Nu-Pieds” en Normandie en 1639. En un mot, ce qu’on appelle un “grand serviteur de l’État”...
4 : Pompe à eau sur la droite dans la cour.

Quai des Grands Augustins à gauche

Ce fut le premier quai construit à Paris, à la demande de Philippe IV le Bel, en 1313. C’est là, dans un débit de boissons tenu par ses parents, que naquit le 4 avril 1797 Pierre Leroux, journaliste et philosophe, introducteur en France du mot “Socialisme”.
15 : Le cabaret de l’Écluse, où la chanteuse Barbara fit ses débuts. Brel, Ferré, Devos, Noiret, Marcel Marceau s’y produisent également.
17 : Dans l’Hôtel de Luynes demeura Jean Racine adolescent, vers 1656.
21 : Demeure en 1786 de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, ami de Rousseau, auteur de "Paul et Virginie". Demeure également de George Sand, en 1831.

Rue Séguier

Cette ancienne rue Pavée fut appelée par ces facétieux parisiens "rue Pavée d’Andouilles" (par déformation de Nantouillet, du nom d’un Hôtel voisin). Elle devint par la suite, plus "convenablement", la rue Pavée St André.
C’est dans cette voie qu’Edgar Allan Poe — qui ne mit jamais les pieds à Paris — situe sa nouvelle "Le mystère de Marie Roget" dans ses "Histoires grotesques et sérieuses".
2 : Cet Hôtel abritait la librairie de la famille d’imprimeurs Didot, à l’enseigne de la Bible d’Or, créateurs d’une police de caractères largement utilisée jusqu’aux débuts de l’informatique.
Demeure de l’astronome, astrophysicien et mathématicien Pierre-Simon de Laplace (1796). Il travailla sur la Mécanique céleste et la théorie des probabilités.
8 : Demeure de l’écrivain et peintre belge Henri Michaux. C’est lui qui décida à prendre la plume un certain Jacques Prévert.

Rue de Savoie

4 : Demeure de Jacques Nicolas Billaud-Varenne : conventionnel membre de la Commune de 1792 et du Comité de Salut Public.
Demeure de Blaise Cendrars et de Féla, sa femme. Il travaille avec Apollinaire et reçoit ici Modigliani et Fernand Léger.
5 : Demeure de Louis-Antoine Garnier-Pagès, républicain de droite, membre du gouvernement provisoire en 1848.
13 : Demeure de Sophie Germain, mathématicienne autodidacte qui dût publier ses travaux sous le nom d’emprunt d’Antoine Auguste Le Blanc ; ceux-ci, malgré leur qualité, n’auraient jamais été pris en compte à l’époque venant d’une femme. Elle fut l’amie de Joseph-Louis Lagrange et correspondit avec Carl-Friedrich Gauss.
20 : Siège du syndicat des typographes et travailleurs du livre. Lénine y participa en 1914 à une commémoration de la révolution de 1905.

Rue des Grands Augustins à droite

C’est dans cette rue que demeura Jean-Baptiste Drouet, le maître de poste de Sainte Ménehould qui avait arrêté Louis XVI à Varenne. Il s’installa ici lorsqu’il arriva à Paris avec le cortège qui ramenait le roi fugitif. Il fut par la suite élu député à la Convention puis membre de la Conjuration des Égaux.
26 : Demeure de Jean de La Bruyère, auteur des "Caractères", de 1676 à 1691.
25 : Demeure du poète "socialiste" prussien (le mot venait juste d’être inventé) Heinrich Heine.
25 ou 21 : Maison natale d’Émile Littré, auteur du Dictionnaire de la langue française. Chef de l’école Positiviste après la mort d’Auguste Comte.
20 : Demeure d’enfance de Charles Gounod, compositeur de "Faust" et de "Mireille".
12 : Autre demeure, en 1802, de l’astrophysicien Pierre-Simon de Laplace.
8 : Entrée du couvent des Grands Augustins où Louis XIII est intronisé roi le jour même de l’assassinat de son père.
7 : Hôtel de Savoie Carignan où Balzac situe sa nouvelle “Le chef-d’œuvre inconnu”.
Jean-Louis Barrault installe, avec Jean Dasté, son théâtre expérimental dans le grenier, de 1932 à 1936.
[Le groupe Octobre répète dans le Grenier des Augustins, autour de Prévert, Raymond Bussière, Lou Tchimoukow… C’est là qu’ils "adoptent" le jeune Marcel Mouloudji.
En 1936, une cérémonie rituelle, initiée par Breton et Bataille, y est organisée par les surréalistes pour commémorer la mort de Louis XVI.
Demeure et atelier de Pablo Picasso dans les combles. Il y peint Guernica en 1937 et y passe la période de la guerre.
3 : Demeure des peintres Robert et Sonia Delaunay qui hébergent Apollinaire. Sonia illustre des ouvrages de Blaise Cendrars.

Quai des Grands Augustins à gauche

51 : Restaurant Lapérouse, fréquenté par Victor Hugo et bien d’autres.
Rendez-vous, entre autres, des Communards délégués à la préfecture de police : Rigault, les frères Levraud, Léon Sornet, Giffaut, Gaston Da Costa.
53 bis : Demeure de Michel et Zette Leiris qui cachent Paul Éluard pendant l’Occupation. Ils y organisent, en 1944, une lecture publique du "Désir attrapé par la queue", de Picasso, à laquelle assistent Camus, Sartre, Beauvoir
53-55 : Couvent des Grands Augustins où fut fondé par Henri III l’ordre du St Esprit. Sa grande salle servait aux réunions du Parlement.
55 : Imprimerie Gauthier où travaille comme prote Pierre-Joseph Proudhon. Il y fait la rencontre de Charles Fourier en 1828. Demeure de Colette et Henri Gauthier-Villars dit Willy au-dessus de l’imprimerie familiale pendant quelques semaines.

Pont Neuf aller-retour

Comme son nom ne l’indique pas, le Pont Neuf est le plus ancien pont de Paris. Construit en 1578, sous Henri III, il est le premier pont à Paris ne portant pas de maisons. Il est aussi l’un des principaux lieux publics de la capitale au 17ème siècle.
La troupe de théâtre d’Henri Legrand, dit Belleville, dit Turlupin y pose ses tréteaux entre 1610 et 1620, en compagnie de ses compères en pitreries et paillardises, Gaultier-Garguille et Gros-Guillaume, avant d’aller s’installer à l’hôtel de Bourgogne.
Le poète Marc de Saint-Amant y est roué de coups à mort pour s’être moqué de Monsieur le Prince en 1661.
Une émeutes y éclate contre Loménie de Brienne, le 28 août 1788. Louis XVI rappelle Necker après que De Biron ait fait tirer sur la foule.
On y installe un bureau d’enrôlement des Volontaires en 1792. La statue d’Henri IV est détruite à la même époque.
Pierre Curie meurt écrasé par un fardier à l’angle du quai de Conti en 1906.

Rue Dauphine

Rue la plus large de Paris à l’époque, et la première équipée de réverbères en 1763.
1 : Demeure et atelier du peintre fauve Albert Marquet. Ses fenêtres donnaient sur le quai des Grands Augustins.
Importante barricade barrant la rue pendant les Trois glorieuses, les 27, 28 et 29 juillet 1830.
6 : Emplacement de l’hôtel St Joseph ou Riffault ; demeure de Jules Vallès à son arrivée à Paris. C’est là aussi, bien sûr, que descend Vingtras dans "Le Bachelier".
10 : Pompe à eau sur la droite dans la cour.
18 : Hôtel Impérial.
Il abrite le siège de la loge des Neuf Sœurs (les muses), fondée en 1776 par Jérôme de Lalande avec le soutien d’Anne-Catherine de Ligniville Helvétius, et à laquelle appartiendront John Paul Jones, BaillyBenjamin Franklin en sera nommé "Vénérable", et Voltaire y sera reçu come membre honoraire deux mois avant sa mort.
Siège également de la Société apollonienne ; société savante créée en 1780 par Court de Gebelin, Cordier de Saint-Firmin et La Dixmerie ; et fréquentée par Georges Danton, Camille Desmoulins et Joseph Ignace Guillotin. Elle deviendra plus tard le "Musée de Paris".
Le club des Cordeliers s’installe là le 16 mai 1791, après avoir été chassé du couvent de la rue de l’École de Médecine dont il avait pris le nom.

Rue de Nesle aller-retour

8 : Siège de la "Société Polymathique" — est-elle l’ancêtre de celle qui existe toujours dans le Morbihan ? —, créée en 1788 pour promouvoir le savoir encyclopédique. La salle possède un superbe plafond.
13 : Tour de l’enceinte de Philippe Auguste. On situe dans cette cour un des derniers puits de Paris, ainsi que l’entrée d’un souterrain emprunté par Marguerite de Bourgogne entre l’Hôtel et la Tour de Nesle. Nous n’en avons pas trouvé trace…

Rue Dauphine à droite, aller et retour

24 : Local de la Société des Familles ; société secrète créée pendant la Monarchie de Juillet, à laquelle participaient Auguste Blanqui et Armand Barbès... Des militants y sont arrêtés en 1836 alors qu’ils fabriquaient des munitions en vue d’une nouvelle insurrection.
33 : Demeure d’Eugène Varlin, membre de l’AIT et de la Commune, "l’honneur du prolétariat" comme le surnommaient ses camarades. Théo Ferré, autre membre de la Commune, aurait également demeuré dans cette rue.
Demeure de Simone de Beauvoir à l’hôtel d’Aubusson pendant la guerre. Elle avait été exclue de l’Éducation nationale en 1942-1943.
Au sous-sol se trouvait le Tabou ; cabaret fréquenté par de nombreux artistes et écrivains : Gréco, Vadim, Camus, Sartre, Beauvoir, Queneau, Tzara, Merleau-Ponty…
34 : Tour de l’enceinte de Philippe Auguste.
39 : Demeure de Jacques Prévert en 1931.
42 : Siège du bimensuel syndical la "Vie Ouvrière" à sa création par Pierre Monatte en 1909.
44 : Emplacement de la Porte Dauphine de l’enceinte de Philippe Auguste, détruite en 1673 (plaque).
48 : Vestiges de l’enceinte de Philippe Auguste, revue et corrigées par Charles V, dans une bijouterie.

Revenir sur nos pas jusqu’au passage Dauphine

13 : Tour de l’enceinte de Philippe Auguste bien conservée, visible dans une salle de cours de l’école de langues et sur la terrasse.
Lieu de distribution de munitions pendant la Révolution de 1830.

Rue Mazarine à droite

27 : Importants vestiges de l’enceinte de Philippe Auguste aux premier et second sous-sol d’un parking souterrain.
19 : Demeure du poète Robert Desnos, résistant déporté en 1944, mort du typhus au camp de Térézin en 1945.

Rue Guénégaud

29 : Tour de l’enceinte de Philippe Auguste la mieux conservée mais malheureusement "privatisée" et donc invisible.
8 : Demeure d’Henri Chouteau, membre de la 1ère Internationale (AIT), du Comité central républicain des Vingt arrondissements et du CC de la Garde Nationale sous la Commune.
17 : Demeure d’Armand Camus, jurisconsulte, secrétaire de la Convention envoyé arrêter Dumouriez.
15 : Maison d’édition de Nancy Cunard "Hours Press" qui édite de nombreux poètes méconnus : Samuel Beckett, Ezra Pound, Pablo Neruda
Demeure de Victor Serge, hébergé par un certain Broux à son retour d’Espagne en 1917.
C’est à l’angle du quai de Conti que d’Artagnan voit Buckingham, qu’il prend pour Aramis, sortir de la rue Dauphine au bras de Mme Bonacieux… Jalousie, quand tu nous tiens !

Quai de Conti à gauche

1 : Hôtel de Nesle, puis de Nevers : quartier général de la "Sainte Ligue" pendant les guerres de religion, en 1588. Siège d’une conspiration contre Richelieu qui aboutira à l’exécution de Cinq-Mars et de Le Thou en 1642.
5 : QG du colonel Marguerittes dit Lizé, commandant des FFI, du 17 au 22 août 1944. Il le transfèrera ensuite au 11.
11 : Hôtel des Monnaies : Condorcet, qui en a la charge, y discute avec Franklin de la constitution française et de la Déclaration des droits.
Zéphirin Camélinat est nommé directeur de la Monnaie pendant la Commune.
Massacre de Communards pendant la Semaine sanglante.
En 1795, la monnaie devient le Franc en application du système décimal.

Impasse de Conti

1 : Hôtel de Guénégaud : salon fréquenté par Boileau, Racine, l’abbé Perrin (auteur de Pomone) au milieu du 17ème siècle.

Quai de Conti suite

13 : Hôtel de Sillery. Bonaparte rend visite à une amie de sa mère alors qu’il est encore à l’École militaire.
23 : Tour et poterne Hamelin de l’enceinte de Philippe Auguste puis de Charles V, puis tour de Nesle. Lieu des débauches présumées des brus de Philippe IV le Bel.
Fanal indiquant l’entrée de Paris : un des seuls lieux de la capitale éclairés la nuit au Moyen-âge.

21-25 : Collège des Quatre Nations (Pignerol en Piémont, Alsace, Flandre, Artois), construit en 1661 à l’initiative de Jules Mazarin qui y a son tombeau.
Siège du Comité de salut public de la Seine et prison sous la terreur : Guillotin, le peintre David et Gracchus Babeuf y furent incarcérés.
Alexandre Dumas père raconte comment il faillit être tué dans les combats de 1830 sur son parvis.

Institut de France.
Yvonne Choquet-Bruhat sera la première femme à y être reçue — à l’Académie des Sciences — en 1979.
Marguerite Yourcenar le sera à l’Académie française en 1980. N’est-il pas rassurant qu’une telle institution montre l’exemple ?!...

Bibliothèque Mazarine.
Première bibliothèque de France ouverte au public.
Sylvain Maréchal y travaillait comme bibliothécaire.
Gustave Flaubert y bénéficia d’une sinécure en 1879.

Rue de Seine

2-10 : Palais de la reine Margot. Aussi pieuse que débauchée, elle installe des moines Augustins dans son parc, puis les chasse parce qu’elle trouve qu’ils chantent faux…
6 : Hôtel de Garsanian. Demeure de Victor de Riquetti de Mirabeau, dit "l’ami des hommes", père de l’orateur.
Demeure du philosophe, mathématicien, astronome, fondateur de l’atomisme moderne Roger Boscovitch.

Rue Mazarine

Ancienne rue des Fossés de Nesle, à l’extérieur de l’enceinte de Philippe Auguste
1 : Marque du niveau de la crue de 1910 au coin de la rue de Seine.
4 bis : Demeure de l’historien et philosophe républicain Edgar Quinet, exclu du Collège de France par Guizot.
10-14 : Jeu de paume des Métayers. Jean-Baptiste Poquelin, alias Molière, s’y installe avec l’Illustre Théâtre en 1643. La première représentation a lieu le 1er janvier 1644.
12 : Atelier du peintre Joseph Vernet.
20 : Demeure du député Girondin Charles Barbaroux, leader du bataillon des Marseillais.
28 : Demeure de Jean-François Champollion qui déchiffre les hiéroglyphes à partir de la [pierre de Rozette en 1822.
Demeure du peintre Horace Vernet.
30 : Hôtel des pompes : état-major des pompiers de Paris créé par François Dumouriez du Perrier en 1722.
34 : Premier restaurant coopératif des Marmites, association créée par Nathalie Le Mel et Eugène Varlin.
36 : Demeure de Pierre-Joseph Proudhon dans une chambre d’étudiant. Longues discussions avec Marx en 1844.
5 : Demeure de Marie Desmares, dite la Champmeslé, interprète célèbre des pièces de Jean Racine.
42 : Jeu de paume de la Bouteille. Salle Guénégaud. Création du premier Opéra de Paris en 1669. Représentation de "Pomone", opéra écrit par l’abbé Pierre Perrin.
Fusion de la troupe du Marais avec celle de Molière après la mort de ce dernier, pour donner la troupe Guénégaud.
La fusion, à nouveau, de cette dernière avec la troupe de l’Hôtel de Bourgogne donnera la Comédie française, créée sur ordre de Louis XIV en 1680.

Rue Jacques Callot aller-retour

16 : Siège de la revue "Clarté", dirigée par Henri Barbusse et de la revue "le Paria" éditée par Hô Chi Minh.
En 1926 s’y installa la Galerie surréaliste, tenue par Pierre Naville.
Le café de la Palette fut fréquenté par l’écrivain italien Alberto Moravia, l’auteur entre autres du "Mépris".

Rue Mazarine à droite

46 : Dans cette annexe de l’école des Beaux Arts étaient imprimées les affiches de Mai 68.
60 : Demeure du peintre Edouard Manet.
35 : Tour habitée de l’enceinte de Philippe Auguste.
70 : Demeure du philosophe Pierre-Joseph Proudhon, un des théoriciens de l’Anarchisme ; auteur de la "Théorie de la propriété".

Carrefour de Buci

Premier bureau de recrutement des volontaires de 1792.
Point de départ des massacres de septembre.
Barricade pendant la révolution de février 1848 d’où serait parti le mot d’ordre “vive la République”.
Café philosophique "Le Buci".

Rue de l’Ancienne Comédie

Ancienne rue des Fossés St Germain des Prés.
5 : Cambacérès, 2ème Consul et principal rédacteur du Code civil.
8 : Emplacement du restaurant Dagneau, fréquenté par de nombreux écrivains : Hugo, Sand, Gautier, Murger.
12 : Demeure de Fabre d’Églantine, rédacteur du calendrier républicain. Auteur de "Il pleut, bergère".
13 : Le café Procope. Juste après l’introduction du café à Paris, un sicilien de Palerme, Procopio dei Costelli, ouvre en 1686 cet établissement qui aura la chance de se retrouver, 3 ans plus tard, pile en face la Comédie française ; ce qui en fera le foyer, non seulement de celle-ci, mais aussi de la vie intellectuelle du Siècle des Lumières.
Il sera fréquenté par Rousseau, Diderot, d’Alembert, Marmontel, Benjamin Franklin, Thomas Jefferson, Beaumarchais, Montesquieu, Condorcet
Voltaire y installait son bureau lors de ses séjours à Paris. Ses cendres y furent exposées avant leur transfert au Panthéon. Celles de Marat le seront également.
Le premier volume de l’Encyclopédie y est mis au point par Diderot, d’Alembert, Marmontel, Piron… en 1751.
Benjamin Franklin aurait rédigé la constitution américaine sur une de ses tables.
Le bonnet phrygien y est porté pour la première fois par l’acteur Julian et adopté en l’honneur des suisses de Nancy libérés du bagne de La Rochelle.
C’est du Procope que partent les insurrections du 20 juin et du 10 août 1792.
Il est fréquenté également par Marat, Danton, Desmoulins, Guillotin, Louis Legendre, Fabre d’Églantine, Billaud-Varenne...
14 : La Comédie française, virée du voisinage du collège des Quatre Nations sur lequel elle aurait eu une influence néfaste… s’installe là de 1689 à 1770.
Atelier de nombreux peintres, dont Gros, David et Horace Vernet.
16 : Imprimerie de L’Ami du Peuple de Marat en 1789 et 1790.
18 : Restaurant Pinson, fréquenté par George Sand avec ses amis Berrichons sous la Monarchie de Juillet.
21 : Demeure du docteur Ignace Guillotin, humaniste, principal rédacteur de la déclaration des droits.

Cour du Commerce St André

10 : Imprimerie de Marat en septembre 1789. Il édite "le Publiciste parisien". Ex n° 8.
9 : Fabrication et essais de la guillotine, d’abord appelée Louison ou Louisette, dans l’atelier du facteur de clavecins Schmidt. Les premiers essais se font sur des moutons dans la cour du Commerce même.
8 : Cabinet de lecture de Mme Brissot, veuve du député Girondin.
7 : Cabinet de lecture de Blosse, fréquenté par Lucien de Rubempré dans les "Illusions perdues" d’Honoré de Balzac.
4 : Tour et portion du mur de l’enceinte de Philippe Auguste.
2 : Demeure de Sainte-Beuve. Liaison avec Adèle Hugo. Ex n° 4. Cachette de Jules Vallès pendant la Semaine sanglante.

Cour de Rohan aller retour

3 : Demeure du peintre Balthus qu’il loue à Georges Bataille. Celui-ci y organise des fiestas mémorables.
Puits avec roue et dernier pas-de-mule de Paris.
Atelier de Carle Vernet, fils de Joseph et père d’Horace.

Retour cour du Commerce St André et sortie vers la rue St André des Arts

Rue Mazet aller retour

9 : Restaurant Magny où se tenaient les dîners du Vendredi, réunions d’écrivains célibataires misogynes, dont les frères Goncourt, Sainte-Beuve, Flaubert, Gautier, Taine, Gavarni, Renan...
C’est là que Gioacchino Rossini invente son fameux "tournedos".

Rue St André des Arts à droite

61 : Le Mazet : café philosophique
57 : Porte de Buci de l’enceinte de Philippe Auguste puis de Charles V. Une des principales portes du Paris médiéval.
Suite à la trahison du fils Perrinet-Leclerc, les Bourguignons rentrent dans Paris et massacrent les Armagnacs qui tenaient la ville le 29 mai 1418. Tuerie pire que celle de la St Barthélémy.
Par contre, lors de ladite St Barthélémy, sa fermeture sauve de nombreux huguenots du Fbg St Germain, d’ailleurs appelé la "petite Genève".
47 : Emplacement de l’Hôtel de Navarre appelé Séjour d’Orléans, demeure de Jeanne de Navarre puis de Charles IX.
Par la suite Hôtel de Villayer, puis de Vieuville, où se tenait un salon ouvert aux savants et artistes européens des Lumières.
45 : Emplacement d’un domicile de Billaud-Varenne "le tigre à perruque jaune". Membre du Comité de salut public. Demeure de Félix Tournachon, dit Tournadar, puis Nadar, photographe, inventeur, mécène… de 1824 à 1833. Demeure du physicien et chimiste Mathieu Orfila. Demeure de Pierre Larousse, auteur d’un dictionnaire en 14 volumes.
46 : Demeure du poète américain Edward Estlin Cummings. Superbe façade et belle fontaine dans la cour.

Rue de l’Éperon aller retour

2 : Hôtel de Villayer où s’ouvre le premier lycée de jeunes filles à Paris en 1883. Aujourd’hui Lycée Fénelon.
10 : Demeure du poète parnassien Théodore de Banville, qui y tient les "Dimanches de la rue de l’Éperon" réunissant Villiers de l’Île-Adam, Verlaine, Mallarmé, Maupassant, Courteline, Manet… entre 1880 et 1890.

Rue Suger aller retour

9 : Maison natale de [Joris-Kalr Huysmans, piéton et chantre de Paris.

Rue du Jardinet aller retour

3 : Demeure du docteur René Laennec qui invente le stéthoscope en regardant jouer des gamins aux Tuileries en 1816.

Retour rue St André des Arts à droite

41 : Emplacement où la plupart des historiens situent une demeure de Jean Racine. Celui-ci habitait en fait, de 1680 à 1684, la rue du Cimetière St André voisine, d’où la confusion (précision apportée par M. Thommes).
37 : Siège du journal ultraroyaliste de l’abbé Royou, “L’Ami du Roi, des Français, de l’Ordre et surtout de la Vérité”. Tout un programme !...
Adresse présumée de la "Laiterie du Paradoxe", café littéraire tenu par un certain Trapadoux et fréquenté par Baudelaire, Poulet-Malassis, Nadar

Rue Séguier aller-retour

18 : Demeure d’Albert Camus au moment de sa mort, le 4 janvier 1960.
13 : Atelier de Charles Cros qui y héberge Arthur Rimbaud en 1871. Ce dernier le remercie en déchirant ses poèmes.
9-13 : Communauté religieuse des Frères cordonniers de St Crépin, exempte des règles corporatives.
11 : Siège de la revue "l’Atelier", organe des "néo-catholiques", dirigée par Corbon et Agricol Perdiguier en 1848.

Rue St André des Arts à gauche

31 : Café Belge, fréquenté par Henri Murger. C’est là que fut lancée la tradition parisienne de la soupe à l’oignon vers 1851.
30 : Demeure de Charles Baudelaire dans son enfance, entre 1827 et 1831.
25 : Cabaret dans la cave, fréquenté par Charles Baudelaire et Jeanne Duval.
22 : Une autre demeure d’enfance de Charles Baudelaire, vers 1828.
C’est dans la rue St André des Arts, que Nathalie Le Mel travaille chez Magnier à son arrivée à Paris.

Place St André des Arts

Emplacement de l’église St André des Arts : baptême de François Marie Arouet dit Voltaire. Mariage de Charles de Batz-Castelmore d’Artagnan (le vrai) en 1659. Louis XIV et Mazarin signent son contrat de mariage.
11 : Maison natale de Charles Gounod, compositeur de "Faust" et de "Mireille". Né le 17 juin 1818.
13 : Demeure du compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos entre 1923 et 1930.
15 : Station de métro St Michel conçue par Hector Guimard.
30 : Librairie de M. Canel. Il encourage le jeune Honoré de Balzac, qui signe alors Horace de St Aubin, à se lancer dans l’édition en 1824.

Retour place St Michel et fin du parcours.


Tout commentaire ou complément ; toute précision, remarque, correction... à propos de ce parcours, seront évidemment les bienvenus.

Contact : parisrevolutionnaire@gmail.com